91 drones… pour saboter la paix?

91 drones pour assassiner la paix

Quand la guerre se nourrit d’elle-même

Dans la nuit du 28 au 29 décembre 2025, une attaque de 91 drones de longue portée vise la résidence d’État du président russe dans la région de Novgorod. Tous les engins sont interceptés, aucun dégât majeur n’est constaté, aucune victime n’est à déplorer. Pris isolément, l’événement pourrait être relégué au rang des innombrables épisodes d’une guerre devenue routinière. Pris dans son contexte politique, diplomatique et économique, il constitue au contraire un révélateur brutal : celui d’un sabotage délibéré de la paix, mené par des forces qui ont désormais plus à perdre d’un accord que de la poursuite du conflit.

L’attaque survient à un moment très précis : alors que des discussions russo‑américaines étaient présentées comme quasiment abouties, et que Washington laissait entendre qu’un compromis global était à portée de main. Dans ce type de séquence, le calendrier n’est jamais neutre. Il est un message.

Une frappe absurde militairement, rationnelle politiquement

D’un point de vue strictement militaire, l’opération est dépourvue de sens. La probabilité d’atteindre le chef de l’État russe avec ces 91 drones était infinitésimale. La résidence présidentielle n’est pas une cible opérationnelle ; elle n’a aucune valeur stratégique directe. En revanche, sa charge symbolique est maximale. Franchir ce seuil revient à briser un tabou implicite : celui de l’attaque directe contre le lieu de résidence d’un chef d’État en pleine négociation.

Le but n’était donc pas de tuer, mais de provoquer. Provoquer une riposte spectaculaire, susceptible de rendre politiquement impossible la poursuite des discussions. Provoquer une escalade émotionnelle dans les opinions publiques occidentales. Provoquer, enfin, une rupture diplomatique imputable à Moscou.

Or ce scénario ne se produit pas. La Russie choisit une autre voie : elle annonce qu’elle ne quitte pas les négociations, mais qu’elle révise sa position. Ce choix est essentiel. Il inverse la charge morale de l’événement et place l’Ukraine — ou ceux qui agissent en son nom — dans la position de l’acteur irresponsable.

Zelensky : chef d’État ou façade politique ?

La question centrale, désormais impossible à éluder, concerne le rôle réel du président ukrainien. Était‑il informé de cette attaque de 91 drones contre la résidence présidentielle russe ?

Deux hypothèses se présentent, et aucune n’est rassurante.

S’il était informé, il engage son pays dans une stratégie de sabotage diplomatique consciente, prenant le risque d’un isolement accru et d’un durcissement irréversible des conditions de paix. – S’il ne l’était pas, alors l’Ukraine n’est plus gouvernée de manière unifiée. Le pouvoir politique serait débordé par des factions militaires, sécuritaires ou idéologiques échappant à tout contrôle réel.

Dans les deux cas, la conclusion est identique : la capacité de Kiev à négocier sérieusement la paix est profondément compromise. Négocier suppose de maîtriser ses propres forces. Or tout indique que ce n’est plus le cas.

Les factions bellicistes et l’ombre des services étrangers

Les analyses convergent : l’Ukraine est traversée par des forces internes déterminées à empêcher toute désescalade. Ces groupes, parfois issus des structures de sécurité, parfois liés à des réseaux ultra‑nationalistes ou à des intérêts étrangers, agissent selon une logique propre.

Le rôle des services britanniques est régulièrement évoqué. Non comme instigateurs directs, mais comme facilitateurs, conseillers, voire chefs d’orchestre de certaines opérations à haute valeur symbolique. L’objectif n’est pas tant la victoire militaire que le maintien d’un état de guerre permanent, seul garant de la survie politique de certaines factions.

Dans ce schéma, l’Ukraine n’est plus un sujet souverain, mais un terrain d’affrontement par procuration, instrumentalisé par des acteurs qui n’assument ni les pertes humaines ni les conséquences politiques de leurs choix.

La spirale de l’autodestruction ukrainienne

Cette fuite en avant s’inscrit dans une dynamique plus large d’effondrement stratégique.

Militairement, les contre‑offensives se succèdent sans perspective réaliste de succès. Symboliquement, les attaques spectaculaires remplacent les gains territoriaux inexistants. Psychologiquement, la croyance dans des « armes miracles » sert de substitut à une réflexion stratégique devenue impossible.

À cela s’ajoute une corruption endémique, désormais documentée jusque dans les structures parlementaires, et une désagrégation démographique massive. L’Ukraine se vide de sa population active, aspirée par l’Union européenne ou par la Russie, tandis que Bruxelles évoque, dans un irréalisme confondant, une intégration accélérée de ce pays au sein de l’UE.

Une telle intégration ne sauverait pas l’Ukraine. Elle achèverait de la dissoudre, transformant une nation exsangue en réservoir de main‑d’œuvre et en zone de chaos structurel pour le continent européen.

L’industrie de la guerre : le baromètre cynique

Un indicateur révèle avec une crudité particulière la logique à l’œuvre : les marchés financiers.

Lorsque l’annonce d’un accord de paix « ficelé à 95 % » est rendue publique, les valeurs des grands groupes d’armement européens chutent immédiatement. Rheinmetall, Leonardo, Thales, BAE Systems enregistrent des replis significatifs. La perspective de la paix est perçue comme une mauvaise nouvelle économique.

À l’inverse, l’attaque des 91 drones agit comme un électrochoc. En moins de 24 heures, ces mêmes valeurs repartent à la hausse. Le message est glaçant : la guerre est devenue un actif financier, et chaque « incident » opportun permet de « remettre une pièce dans la machine ».

Ce mécanisme n’est pas nouveau. Boutcha hier. Novgorod aujourd’hui. À chaque fois qu’une solution diplomatique semble émerger, un événement vient enrayer la dynamique. Le coût humain est relégué au second plan ; l’essentiel est ailleurs.

Moscou change de méthode : le « grand incident »

Jusqu’ici, la Russie avait choisi de minimiser les attaques symboliques subies sur son territoire, qu’il s’agisse de drones sur Moscou ou même sur le Kremlin. Cette retenue visait à éviter l’escalade.

Cette fois, Moscou change de stratégie. Elle médiatise l’attaque des 91 drones, la qualifie immédiatement de terroriste et l’inscrit dans le cadre des négociations en cours. En appelant directement Washington, le Kremlin court‑circuite la narration ukrainienne et place Kiev dans une position intenable.

Le résultat est immédiat : l’administration américaine prend ses distances, suspend certaines livraisons sensibles et laisse entendre que le problème ukrainien n’est peut‑être plus seulement militaire, mais politique.

Conclusion : la paix comme menace

L’attaque des 91 drones contre la résidence présidentielle russe n’est ni une bavure ni un geste désespéré. C’est un acte rationnel dans une logique irrationnelle : celle où la paix est devenue une menace pour ceux qui vivent de la guerre.

L’Ukraine, instrumentalisée, fragmentée, épuisée, s’enfonce dans une spirale d’autodestruction dont elle risque de ne pas se relever. Les Européens, persuadés d’affaiblir la Russie, ne font que renforcer sa position diplomatique tout en minant leur propre crédibilité.

La question n’est donc plus de savoir quand la paix viendra.

La vraie question est désormais : qui, concrètement, a intérêt à ce qu’elle n’advienne jamais ?

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