Le drame de ce nouvel an n’aura pas été les voitures brûlées dont Laurent Nuñez, petit sous préfet devenu ministre afin d’écarter de la scène politique un trop concurrent de la macronie finissante, trop bruyant, prenant trop la lumière, trop actif pour convenir à ce gouvernement « pas-de-vague » dont la seule ambition politicienne et non politique n’est que d’atterrir le plus doucement possible à une date choisie en fonction des circonstances, celle du grand choix, se sera bien gardé de communiquer le bilan. Le drame de ce nouvel an n’aura pas été, non plus, la fête des Champs Elysées annulée par peur de la racaille qui, décidemment, impose toujours plus sa loi, même hors des quartiers sous son contrôle absolu.
Non, le drame de ce nouvel an aura été l’incendie d’un dancing de Crans Montana, en Suisse romane. Plus de quarante morts, plus de cent blessés. Des inconscients que l’on voit sur des vidéos danser, rire et filmer alors que l’incendie est en train de ravager le plafond. Des héros dont les noms ne sont pas suffisamment médiatisés qui se jettent dans les flammes pour sortir et sauver des dizaines de jeunes paniqués et à demi asphyxiés. Parmi eux, un certain Paolo Campolo qui arrivé sur place, voit que son fils est sorti. Il aurait pu s’arrêter là, mais non il a foncé, cassé une porte verrouillée et sorti plus d’une vingtaine de personnes, se mettant lui même en danger au point de devoir être hospitalisé pour avoir inhalé des fumées toxiques.
Mais alors, où sont les charognards?
Les charognards, c’est toujours après qu’ils apparaissent. D’abord les grands « yaka » qui déversent à longueur de plateaux leur fiel et leurs accusations, cherchant à attirer l’audience et l’écoute à coups d’accusations péremptoires. « négligences », « musique qui continue », « normes de sécurité », « absence de détecteur d’incendie », « utilisation de matériaux interdits », « responsabilité des autorités locales ». Jeter l’opprobre sur quelqu’un, refuser d’attendre les enquêtes, se repaitre de la mort en la voulant causée par autrui afin de mieux catalyser la haine du bon peuple. Toujours croire que le système est parfait et que tout accident ne peut être que causé par le non respects des normes établies. Petits esprits étroits et malsains.
Et puis viennent les torquemadas. « propriétaire défavorablement connu de la police française », « Corse proxénète », « accusé d’enlèvement de mineures ».. Haïssez en paix et l’esprit libre, braves gens, et surtout, ne quittez pas nos antennes, nous en avons d’autres croustillantes sur celui que nous vous désignons. René Girard est mort trop tôt!
Et, cerise sur le gâteau, la mère épleurée. Bien propre sur elle, se vivant comme une icône de la mater delorosa des temps modernes, professionnelle de la communication dans le civil, pulvérise les likes et les apparitions. Tapez son nom sur google, vous avez dix pages de réponses. Aucune pudeur, aucune retenue, elle fait mine de chercher son fils via les réseaux sociaux et les interviews, cherchant la lumière de l’incendie pour mieux éclairer sa petite personne. Et ça fonctionne. Même après que son fils soit déclaré décédé, elle en rajoute encore, ne ratant pas l’occasion de repasser une couche de mièvrerie pseudo compatissante, genre post LinkedIn, sur les medias complices.
Débectant.