BB est morte.
Je sais, c’est le nouvel an, c’est le moment de se dire plein de choses agréables, c’est le moment de se promettre plein de bonnes résolutions. Et pourtant, c’est surtout, pour les gens de ma génération, la première année sans la dernière icône d’un monde révolu de grâce, de beauté, de liberté, de respect. Brigitte Bardot, cette vieille femme de 91 ans reclue dans sa madrague de St Tropez, entourée d’animaux qui, d’après elle, l’avaient moins déçue que les humains, était la survivante d’une époque où l’on savait tout à la fois être léger et sérieux, où l’on s’amusait, se moquait, riait, sans accorder attention aux pisse-vinaigres qui ronchonnaient mais n’avaient pas d’emprise.
Son décès est un terrible révélateur de ce qu’est devenue notre société. Les dames patronnesses désormais petites torquemadas lunetteuses et boutonneuses, grasses et attifées comme des épouvantails, dénuées de tout respect même face à la mort, crachent leur fiel, leur haine, leur jalousie. BB était la grâce et l’élégance, l’esprit solide dans un corps futile, l’emblème d’une réussite artistique, une incarnation de la femme française à travers le monde et surtout, surtout, la liberté incarnée. Liberté de dire merde à ceux qui lui barrent la route, liberté de se présenter devant le général de Gaulle en uniforme d’apparat, liberté d’arrêter une carrière qui ne l’amuse plus, liberté de défendre les causes qui lui tiennent à cœur, sans considération du « qu’en dira-t-on », ce « qu’en dira-t-on » que Brassens, Coluche, elle, et toute la bande de St Tropez avaient tant mis à mal et dont elle fut, jusqu’à son dernier souffle une pourfendeuse résolue. Le refus des dogmes dans le respect de Dieu.
Ah oui, elle les aura bien emmerdées toutes ces connes (jurisprudence B. Macron), laides, engoncées dans leurs certitudes, odieuses, violentes, haineuses, ratées, malheureuses qui ne savent vivre que pour « déconstruire » les autres. Tellement incultes qu’elles en arrivent à se croire le centre d’un monde qu’elles sont obligées de se créer pour pouvoir exister, telles des lilliputiennes enfermées dans une grotte qui banniraient quiconque oserait montrer la lumière du jour.
La France de BB, c’était la troisième puissance économique mondiale, la troisième puissance militaire mondiale, le centre des arts et des lettres, un monde d’élégance et de politesse…
La France des connes….
Oui, BB est morte